Lectures synthétiques

La lecture synthétique de l’essai de Naomi Klein «  la stratégie du choc ; la montée d’un capitalisme du désastre » : Une trentaine d’épisodes de 20 à 30 minutes chacun, au rythme de 1 épisode par semaine. La diffusion aura lieu les mercredi à 11h, le vendredi à17H et le dimanche à 12H15 sur Radio Dragon. Retrouvez l’émisssion en podcast sur https://www.mixcloud.com/lecturessynthetiques/

La méthode :

Pour faire ce résumé, j’ai coupé des passages et sélectionné des phrases au fil du texte afin de le réagencer. Toutes les phrases sont de l’autrice, mais pour passer de l’écrit à l’oral, j’ai parfois modifié l’ordre des propositions dans les phrases ou utilisé des synonymes pour des mots peu utilisés en français courant (le texte original ayant été traduit de l’américain). J’ai essayé que ce résumé reste représentatif de son propos. Toutefois, il s’agit ma lecture personnelle de ce livre, je vous encourage à le lire en entier pour bénéficier de l’entièreté du travail de Naomi Klein.

La stratégie du choc est publié en 2008, le présent auquel se réfère l’autrice dans le livre renvoie donc à cette période historique.

La musique : Munir Bashir

Toutes les musiques qui accompagnent cette lecture sont issues de l’oeuvre de Munir Bashir, un artiste Irakien, joueur de oud, dont le répertoire est issue de la musique classique Arabe. Il est considéré comme l’un des plus grands joueurs de tous les temps et comme le maître incontesté du luth arabe contemporain.

Naomi Klein :

Naomi Klein possède la double nationalité canadienne et américaine. Elle est diplômée de la London School of Economics. Elle est Journaliste, essayiste et réalisatrice. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardia. En 1999, elle écrit best seller international « No Logo ». Elle reçoit le prix Warmick en 2009 pour « La Stratégie du Choc » écrit en 2007. Puis, elle écrit « Tout peut changer : capitalisme et changement climatique » en (2014). Son dernier livre, sorti en 2021, s’intitule « Vaincre l’injustice climatique et social.

La stratégie du choc ; la montée d’un capitalisme du désastre :

« La stratégie du choc » est publié en 2008 chez Actes Sud. Dans cet ouvrage Naomi Klein dénonce l’existence d’opérations concertées visant à assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme tout-puissant. Ce dernier exploite sciemment à les crises et les désastres pour substituer la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation aux valeurs démocratiques auxquelles les sociétés aspirent.

Pour réussir à imposer des politiques impopulaires de libre marché, les responsables politiques exploitent le choc psychologique causé par des désastres environnementaux, militaires ou économiques, les populations sont alors plus facilement portées à accepter des mesures difficiles.

Naomi Klein définit le capitalisme du désastre comme une approche économique et politique qui consiste à remettre en cause systématiquement la sphère publique à la suite des cataclysmes et à traiter ces derniers comme des occasions d’engranger des profits.

Résumé détaillé :

Dans « La stratégie du choc », Naomi Klein retrace les premières interventions de l’économiste américain Milton Friedman au Chili, où il exploite dès 1973 une crise d’une grande envergure, pour appliquer sa « thérapie de choc », aidé par la torture appliquée par le régime Pinochet. Elle dénonce cette pratique qui sera reprise pour l’invasion de l’Irak par les États Unis.

Naomi Klein analyse la crise Argentine des années 1970, le massacre de Tienanmen qui a permis à la Chine de transformer une partie du pays en gigantesque zone d’exportation, le choc des chars en Russie en 1993, la guerre des Malouines en 1982, les bombardements de Belgrade de 1999 qui ont tous créé des traumatismes propices à la mise en place rapide du traitement de choc économique. Enfin, grâce au 11 septembre 2001, il peut être appliqué aux Etats-Unis : privatisation des guerres et des catastrophes, réduction importante de la sphère publique, déréglementation totale des entreprises, réduction draconienne des dépenses publiques.

L’auteure désigne ce système qui gomme les frontières entre le Gouvernement et l’Entreprise comme « corporatiste ». Il se caractérise par

  • d’immenses transferts de ressources publiques vers le privé, qui s’accompagnent souvent d’une explosion de l’endettement,
  • un accroissement de l’écart entre riches à outrance et pauvres sans importance,
  • un nationalisme exacerbé qui justifie des dépenses colossales dans le domaine de la sécurité

Tout au long de l’ouvrage, Naomi Klein montre que la torture a pu être le partenaire silencieux de la croisade mondiale en faveur de la libéralisation des marchés. Elle documente la façon dont les études psychologiques établie par la CIA (sur les électrochocs, la privation sensorielle et l’administration de drogues afin d’amener un individu à régresser jusqu’à un état infantile) ont été exploitées ensuite pour réaliser des profits économiques.